• Les gastéropodes de la préhistoire

    Nos escargots modernes sont redevables à leur très lointains ancêtres qui ont pu naviguer à travers les cinq grandes périodes d'extinction massives qui ont rayé plus de 90% de tous les êtres vivants de l'Histoire de la terre. Certains représentants de ces gastéropodes (qui marchent sur l'estomac) ont continué leur lente marche évolutive et nous ont dotés d'une variété impressionnante de plus de 40,000 espèces vivantes de nos jours.  Mais le nombre d'espèces dépassait probablement 100,000 depuis l'explosion du Cambrien (il y a 541 à 485 millions d'années). Les premières traces de ces mollusques remonteraient à 600 millions d'années environ. 

    L’escargot des jardins (Cepaea hortensis) et le savoureux escargot de Bourgogne (Helix pomatia) nous sont bien connus. Mais avouons que nous en savons fort peu sur l'histoire et encore moins la préhistoire de ces mollusques au beurre à l'ail, légèrement caoutchouteux sous la dent.

    Une excursion dans certaines carrières et le long des affleurements sur le bord des routes est propres à combler quelques unes de nos lacunes.

    La ville de Gentilly au Québec offre un terrain privilégié pour nous plonger dans la PréHistoire, celle d'il y a 450 millions d'années. Une période appelée l'Ordovicien et qui a suivie l'explosion de la biodiversité puis la Grande Extinction du Cambrien. Une période qui se terminera avec une autre Grande Extinction; celle l'Ordovicien-Silurien avec la disparition de 27 % des familles et de 57 % des genres d'animaux marins et une estimation de 85 % au niveau des espèces vivant alors.  Une grande glaciation a probablement été à l'origine de cette extinction de masse.

    Nous sommes dans la formation géologique de Pontgravé où le roc appartient au groupe de Richmond.  Ce roc garde les vestiges fossiles de la vie intense qui peuplait la mer il y a 450 millions d'années.  Des gastéropodes y foisonnaient; pour peu qu'on se mette le genou à terre et l'oeil au sol, on repartira avec une moisson, ma foi! plus que satisfaisante.  Isolés à travers la petite rocaille, ou toujours assemblés dans des blocs avec d'autres créatures avec lesquelles ils cohabitaient, les gastéropodes fossiles captent l'attention du passionné. Dix petites minutes en génuflexion en plein soleil m'ont suffit pour en ramasser une quinzaine.  Gardez en mémoire le numéro 10 de la figure suivante.  J'y reviendrai cette semaine: il raconte une histoire intéressante...

    Les gastéropodes de la préhistoire

    #1 et 5: Holopea sp.; #7: Lophospira sp., #14: Clathrospira subconica, et les autres: Paupospira beatrice (anciennement Lophospira beatrice)

    Les gastéropodes de la préhistoire

    Ce genre d'assemblage est fréquemment trouvé sur le site de Gentilly.  Les gastéropodes y sont profondément enfouies dans la matrice telles qu'ils étaient au moment de l'ensevelissement sous les sédiments.

     


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