• L'attaque préhistorique

    J'ai cueilli sur une plage de Cuba plusieurs coquillages de mollusques marins, certains magnifiquement colorés.  Une portion non négligeable de ces restes d'animaux marins montre les signes caractéristiques d'une attaque létale par des escargots de mer: un trou parfaitement rond qui perfore la cuirasse des mollusques de part en part pour atteindre la chair vive. La petite histoire de ces drames remonte à quoi? quelques semaines, quelques mois avant que le ressac des vagues ne dépose les restes de festins de petits carnivores, au bord d'une plage, sous l'indifférence de l'Homo touristicus.  

    Au Paléozoïque, il y 450 millions d’années, le Québec se trouvait légèrement sous l’équateur et baignait, du moins en partie, dans l’Océan Iapetus. Dans cet océan de la période Ordovicien, les brachiopodes régnaient sur les mollusques et gastéropodes tel que le démontrent les archives fossiles. Les roches sédimentaires de l’île de Montréal sont très riches en fossiles ; il suffit de se pencher ou creuser un peu pour découvrir ces trésors enfouis depuis près d’un demi-milliard d’années.  Ainsi, dans une plate-bande de mon voisinage,  j’ai fait une découverte fascinante. Un lit fossile de petits brachiopodes laissa un testament vieux de 450 millions d'années. Là, à travers quelques Dolororthis flabellites magnifiques gisait l’un d’eux, victime d’une prédation ancienne, tombé fort probablement sous l'emprise d'un gastéropode marin. Un polaroid calcaire d’un drame similaire à ceux trouvés à Cuba.  Un drame dont les seuls témoins oculaires étaient sans doute les trilobites.  Ce type d’empreinte fossile est très rare chez les brachiopodes. 

     

    L'attaque

     

    Une coquille de mollusque bivalve (Chione raphia) sur une plage de Varadero, Cuba, en mars 2014.  Le trou visible sur le tiers supérieur gauche est le résultat d'une attaque par un gastéropode marin.

    L'attaque

     

    Fossiles de brachiopodes, Ère Ordodovicien, il y a 450 millions d'années.  L'attaque probable par un gastéropode d'alors est révélé par un trou noirâtre sur le fossile du bas.  L'identification (Dinorthis sp.) a d'abord été suggérée par un archéologue amateur. Mes recherches me font pencher davantage pour un Dolororthis flabellites confirmé ensuite grâce au livre Index Fossils of North America (Shimer et Shrock, 1989)


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