• «C’était un calmar de dimensions colossales, ayant huit mètres de longueur. Il marchait à reculons avec une extrême vélocité dans la direction du Nautilus. Il regardait de ses énormes yeux fixes à teintes glauques. Ses huit bras, ou plutôt ses huit pieds, implantés sur sa tête, qui ont valu à ces animaux le nom de céphalopodes, avaient un développement double de son corps et se tordaient comme la chevelure des furies. On voyait distinctement les deux cent cinquante ventouses disposées sur la face interne des tentacules sous forme de capsules semisphériques. Parfois ces ventouses s’appliquaient sur la vitre du salon en y faisant le vide. La bouche de ce monstre — un bec de corne fait comme le bec d’un perroquet — s’ouvrait et se refermait verticalement. Sa langue, substance cornée, armée elle-même de plusieurs rangées de dents aiguës, sortait en frémissant de cette véritable cisaille.»

      

    Jules Vernes fit paraître son roman 20,000 lieues sous les mers en 1870... 19 ans après  celui de Herman Melville Moby Dick publié en 1851.  Deux romans mettant en scènes des monstres marins qui ont frappé notre imaginaires.  Une grande baleine blanche et des calmars géants.

    Mentionnons également le Kraken, créature fantastique issue des légendes scandinaves médiévales, capable de saisir la coque d'un navire pour le faire chavirer et, parfois, en dévorer les marins.

    Vingt mille lieues sous les mers de l'Ordovicien

    Le Kraken. Picture by Kousto on Flickr

     

    Citons ce poème du britannique Alfred Tennyson (1830) qui pourrait s'appliquer au Leviathan mentionné dans le Livre de Job. Ce poème a probablement influencé Jules Vernes...

    Vingt mille lieues sous les mers de l'Ordovicien

    Que des fables, croyez-vous? Certes ce ne sont que des romans que diable! Une grosse baleine blanche à la rigueur, mais des calmars géants... 

     

    Et pourtant, et pourtant... 

     

    Faisons connaissance avec les céphalopodes, tels qu'ils pouvaient l'être il y a quelques 450 millions d'années, à l'époque où l'Amérique du nord occupait grosso modo la place du Brésil, mais sous l'eau, dans les fonds marins.  Un territoire occupé par d'étranges créatures: trilobites, bryozoaires, crinoïdes, cystoïdes, éponges et coraux... et des créatures fusiformes pouvant atteindre des tailles qui vous apparaîtront incroyables...

     

    Montréal; des fouilles et des trésors

     Le Mont-Royal domine la ville de Montréal.  C'est un magnifique parc verdoyant qu'arpentent chaque jour des centaines de marcheurs, montréalais comme touristes, en quête d'oxygène, d'exercise ou de tranquillité. 

    Pour ma part, j'étais en quête de préhistoire et c'est pour atteindre mon but que j'ai quitté les sentiers battus et me suis enfoncé dans les sous-bois.  Cinq petites minutes de marche de mon bureau... un coin pourtant reculé; des escarpements, des branches qui vous flagellent, des araignées et des scolopendres gros comme ça et des nuées de moustiques houspilleurs.  La brousse.

    C'est là que j'ai trouvé mon premier céphalopode; un petit monstre marin fossilisé, de quelques 17 centimètres de long, un golem bien caché entre des strates de shale de la formation de Laval.  Il vécu il y a environ 450 millions d'années, terrorisant les autres créatures dont il faisait son pain quotidien.  

     

    Céphalopode: la libération du cercueil de pierre

    Le côté délicat de libérer un fossile de sa matrice pierreuse consiste à élaguer la pierre qui le retient sans briser le testament du précieux animal.  Bien que momifié dans le calcaire, un fossile demeure fragile sous le marteau et le ciseau à froid.  Un coup mal calculé peut non seulement anéantir les efforts du collectionneur, mais, pire encore, pulvériser une archive vieille d'un-demi milliard d'années.  

    Il fallait donc garder une réplique du céphalopode avant d'asséner les coups potentiellement destructeurs.

    Une empreinte d'argile, puis, plus tard un coulage de plâtre de Paris, étaient aptes à préserver l'image tridimensionnelle de l'animal dans son contexte...

    Puis, sous une nuée de moustiques, je m'affairai à casser les liens qui retenaient le céphalopode à son sarcophage de pierre.  Un travail tout en finesse.

    Vingt mille lieues sous les mers de l'Ordovicien 

    Céphalopode de l'Ordovicien trouvé à Montréal.  Il est ici partiellement empêtré dans la pierre de shale où il est resté emprisonné jusqu'à sa découverte, 450 millions d'année après son ensevelissement.  Je l'ai dégagé à grand renfort de marteau de maçon et de ciseaux à froid.  La coloration a été ajoutée avec PhotoShop.

    Vingt mille lieues sous les mers de l'Ordovicien

    Réplique du même céphalopode.  Ce moulage est en plâtre de Paris.  Il a été coloré avec de la peinture acrylique. Cette image a permis de préserver aussi un petit brachiopode, accroché à la partie apicale du céphalopode au moment où les deux furent recouverts par les sédiments.

     

    Vingt mille lieues sous les mers de l'Ordovicien

    Fossile du céphalopode après sa libération du bloc de shale.  L'identification n'est pas aisée sans la présence du siphon.  Toutefois il pourrait correspondre à Cameroceras sp ou Orthoceras sp.  

      

    L'hégémonie d'un prédateur

    Les céphalopodes (dont font partie les pieuvres, les calmars et les seiches) sont apparut au cambrien supérieur. Ils étaient les premiers grands prédateurs marins, qui occupaient les habitats pélagiques  entre l'Ordovicien et le Silurien, entre 470-440 million millions d'années. Ils sont assez fréquents dans les échantillons fossiles. Toutefois, quelques plus rares représentants des orthocones avaient de quoi surprendre.  

     

    D'immenses céphalopodes

    Certains spécimens pouvaient atteindre quelques mètres de longueur, jusqu'à 10 mètres d'après certaines estimations que certains trouvent exagérés... sans pouvoir le prouver.  Dix mètres (30 pieds), une longueur proche de celle du terrible Tyrannosaurus Rex! De quoi meubler les cauchemars et l'imagination de ceux et celles qui ont été marqué par le films Jaws (les dents de la mer).  Les céphalopodes étant des carnivores, et il faut croire qu'un Cameroceras de 10 mètres trouvait à se sustenter des arthropodes et autres habitants marins.

    Vingt mille lieues sous les mers de l'Ordovicien

    Voici une image d'un fossile de céphalopode, conservé au Museum of Comparative Zoologie à l'Université Harvard.  Il fait 3 mètres de long... mais il est incomplet.  Les estimations évaluent l'animal original à près de 10 mètres soit une trentaine de pieds de longueur et peut-être plus en incluant les tentacules.

    Vingt mille lieues sous les mers de l'Ordovicien

     Les céphalopodes, de l'Ordovicien au Crétacé, pouvaient atteindre des tailles effarantes. 


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  • Mammifères funambules


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  • Ebolavirus : survol d’une épidémie

     La découverte récente d'un premier cas de la fièvre Ebola  en Amérique du nord en a ébranlé plus d'un. Il s’agit d’un  voyageur en provenance du Liberia, un pays d’Afrique de  l’Ouest, épicentre de l’épidémie. Le patient en question est décédé le 8 octobre; il était en quarantaine dans un  hôpital de Dallas au Texas et une cinquantaine de ses proches  sont sous surveillance. Il ne semble pas avoir transmis  l’infection à ses contacts ni aux Etats-Unis, ni au Canada... pour l'instant.

     

    Et pourtant…

    Cette fièvre hémorragique, certes, frappe l'imaginaire de par ses images dignes des pires passages de l’Apocalypse de Jean, l’Enfer de Dante (La Divine Comédie) ou du célèbre Journal of the Plague Year de Daniel Dafoe (relatant la peste de 1665 à Londre).

     

    Ebolavirus : survol d’une épidémie

    A Journal of the Plague Year de Daniel Dafoe. Easton Press, 1978. Illustré par Domenico Gnoli.

     

    Ajoutons à cela le taux de mortalité de la fièvre Ebola qui, frisant les 50%, laisse peu de place à l’apaisement statistique. Et la coupe n’est pas encore pleine : il n’existe encore ni vaccin prouvé efficace pour la prévention, ni traitement garantissant la guérison. Il pourra s’écouler quelques mois avant d’avoir en main l’artillerie qui pourra torpiller Ebolavirus. Un délai considérable qui permettra au virus d’étendre son royaume en terre d’Afrique, avec des percées hors de ces frontières. Lorsque l’infection était confinée à des régions «reculées» de l’Afrique, le virus ne pouvait compter que sur un déplacement relativement lent de ses victimes. On peut, certes, allez loin à pied, et encore plus à la marche à relais, mais un virus qui tue rapidement risquera de se retrouver vite à court de moyens de transport. Un virus, pour qu’il puisse assurer sa survie et son expansion, doit avoir accès à une population suffisamment dense et susceptible, sans quoi il finit par disparaître de l’écran des radars par lui-même.

    Mais lorsque le virus se trouve dans des régions non seulement fortement peuplées mais ayant de meilleures occasions de voyager à plus de 800 Km/h, il est inévitable que Ebolavirus en profitera. Cliquez pour voir les cartes de l'Organisation Mondiale de la Santé.

    Illustrons ce concept (quoiqu’imparfaitement) par la peste noire qui a frappé l’Europe au moyen-âge (XIVème siècle). On estime que la peste noire a tué entre 30 et 50 % de la population européenne en cinq ans, faisant environ vingt-cinq millions de victimes (taux de mortalité de 60%). Cinq ans, c’est le temps qu’a pris Yersinia pestis pour s’étendre à dos de puces, de rats et d’humains (eux-mêmes à dos de cheval). Il est vrai que les conditions d’hygiènes lamentables et la complète absence de traitements ont donné un fier coup de pilus à la bactérie, mais il a quand même fallu 5 ans pour que Yersinia se déverse sur un continent et puisse y faucher tous ceux qui pouvaient l’être. La peste noire s’est étendue par vagues successives, épuisant localement, dans les villes et villages, le nombre de victimes potentielles pour reprendre du galon plus loin avec une population fraîche.

     

    Ebolavirus : survol d’une épidémie

    La peste noire, peinture du moyen-âge

     

    Plus récemment, une étude d’une équipe internationale a pu retracer l’origine de l’épidémie de SIDA. Il semble que le développement du chemin de fer au Congo ait été un facteur de propagation important.

     

    «Un des facteurs analysés laisse penser que le développement des chemins de fer, en particulier au Congo belge, a joué un rôle clé dans le développement de la pandémie à ses débuts en faisant de Kinshasa une des villes les mieux desservies de toute l'Afrique centrale, une plaque-tournante.

    Y«Les informations des archives coloniales indiquent qu'à la fin des années 40 plus d'un million de personnes transitaient par Kinshasa par le train chaque année», précise Nuno Faria, de l'Université d'Oxford, également l'un des principaux auteurs.»

    [Nuno Faria, de l'Université d'Oxford, un des auteurs de l’étude] Cliquez pour voir l'article de La Presse.

     

     

    La peur et l’ignorance, comme courroies de transmission. 

    Outre sa virulence intrinsèque ou son mode de propagation, un virus ou une bactérie peut compter sur l’indéfectible peur et l’ignorance pour l’aider dans sa macabre besogne auprès des populations. 

    Daniel Bausch, un médecin spécialisé dans les maladies infectieuses à l’université Tulane à New Orleans raconte un incident dans la ville de Kenema en Sierra Leone :

    «Habillé de la tête aux pieds dans les uniformes de protection, j’entre avec un médecin de l’OMS dans un hôpital local et ne trouve que deux infirmières parmi 55 patients. Toutes les autres infirmières sont parties. Quelques-unes demandaient de meilleurs salaires, mais plusieurs ont fui en voyant leurs collègues tomber malades. Les patients étaient sur des lits, d’autres sur le plancher. L’hôpital était contaminé.

    Vous vous retrouvez dans un cercle vicieux où l’environnement devient de plus en plus risqué pour les infirmières qui choisissent de rester sur place.» raconte-t-il. 

    [Experimental therapies target Ebola, Science News, 20 sept 2014]

     

    Cette anecdote, et ce qui suit, ne visent pas à condamner la peur, légitime et instinctive, devant le danger. Mais je vise tout de même un peu à donner quelques coups de pieds au séant de l’ignorance qui, elle, n’est pas dictée par l’instinct et n’est pas toujours légitime. Malheureusement, trop souvent, la peur est harnachée par l’ignorance qui l’exacerbe en faisant voler en éclat l’accomplissement de l’évolution, qui nous a nantis d’un cerveau capable de penser et d’apprendre.

    J’en prendrai pour exemple, l’épisode ahurissant où des brigands, convaincus que l’Ebola était un canular et un mythe, attaquèrent et pillèrent un hôpital de Monrovia au Libéria en août dernier. Ils provoquèrent la fuite de 17 malades en quarantaine qui galopèrent au loin avec quelques millions de vigoureux virus, aussi en cavale. Les attaquants, pour leur part, décidèrent d’emporter, avec leur sottise, couvertures et matelas souillés comme butin.  Cliquez pour voir l'article.

    Malheureusement, l’Histoire regorge de semblables épisodes désolants qui ne sont pas l’apanage seul du moyen âge ou de contrées lointaines, mais qui peuvent fleurir partout.

    Un obstacle tenace à l’endiguement de l’Ébola dans l’épidémie actuelle est la réticence des malades à rejoindre volontairement les établissements de santé. En absence de traitement efficace, dans des hôpitaux désorganisés et face à des intervenants habillés en scaphandriers, les malades éprouvent des inquiétudes. Certains ont l’impression qu’ils ont plus de chance de mourir en quarantaine que chez eux. Ce faisant, ils restent chez eux et ont le loisir, sans s’en douter, de partager leur état.

    «Un traitement pourrait engendrer suffisamment d’espoir pour encourager les gens présentant des symptômes ¾ et leurs contacts ¾ à venir dans les hôpitaux, ce qui limiterait la propagation du virus. En outre, un traitement et un vaccins efficaces aideraient au recrutement et au maintien d’un niveau adéquat du personnel soignant, qui sont à haut risque de contracter la maladie»

    [Science News]

    Il ne faut pas nous leurrer et nous reposer sur la confiance compacte que notre statut de pays développé nous placera à l’abri de ces comportements. Il ne faut pas remonter à si loin dans notre propre histoire pour voir que notre réaction face au SIDA à la fin des années 80 et dans les années 90, ne volait pas intellectuellement plus haut que ce à quoi on peut assister avec l’Ebola en 2014. Des professionnels de la santé ayant prêté serment à Hyppocrate tentant de se défiler, des patients se voyant refuser l’admission dans des cliniques, l’ostracisme social qui greva, au nom d’une moralité douteuse ou du droit à l’autopréservation, des patients déjà éprouvés, ne sont que quelques exemples qui doivent nous rappeler à l’humilité. Nos développements technologiques ont certes, pu palier aux faiblesses de notre espèce, nos connaissances sont sans doute remarquables, mais notre comportement devant les dangers et l’inconnu, j’en suis convaincu, ne nous distinguerait pas tellement d’un paysan du XIVème siècle. 

    «Ceux qui vivent au centre de l’épidémie d’Ebola n’auront peut-être pas confiance dans l’idée de recevoir un vaccin dont ils n’ont peut-être pas besoin. Ils ne recevront probablement pas à bras ouverts dans leur demeure des visites médicales destinées à leur prendre du sang pour tester leur immunité. 

    Il y a un incroyable opprobre attaché au fait d’être infecté par Ebola. Même les survivants refusent d’admettre qu’ils l’ont eu».

    [Science News]

     

    La vaccinophobie : une crainte non fondée, des conséquences incalculables

    La crainte des vaccins est une phobie aussi vieille que les vaccins eux-mêmes. Il serait trop long d’en faire l’historique ici, mais il suffira de rappeler à notre mémoire la vaccination contre la grippe de 2009 qui avait soulevé les passions d’une armée de fumistes, de vendeurs de boyaux d’arrosage pour l’irrigation du colon et de disciples des Pépins de Pamplemousse et des grandes prêtresses de la santé illimitée. Les prophètes autoproclamés sans aucune compétence nous prédisaient rien de moins que l’apocalypse si on acceptait les vaccins et quelques personnes débusquaient de vastes complots destinés à anéantir l’humanité. La pandémie de 2009 n’a pas eu l’ampleur appréhendée… mais ceux qui ont reçu le vaccin se portent à merveille et n’ont pas jonché les fosses communes que les illuminés nous promettaient avec le trémolo dans la voix et l’œil embué de commisération.

    Vous rappelez-vous de la variole ? Non ? Cette terrible infection a été officiellement éradiquée le 26 octobre 1977, grâce à une campagne de vaccination d’une grande efficacité. Si ça ne vous rappelle rien, c’est parce que la vaccination a livré ses promesses. Et pourtant, autant les charlatans que l’Église catholique au milieu des années 1880, avaient offert une opposition aussi virulente qu’irrationnelle au vaccin qui devait sauver des milliers de vies. Je vous conseille la lecture du livre de Michael Bliss : Plague : A story of smallpox in Montreal. Voici un extrait:

     

    Les preuves que les vaccins fonctionnent et livrent leur promesse ne trouvent aucune résistance pour ceux et celles qui prennent la peine de bien s’informer. On pourra bien présenter des travaux obscurs et des sites web soi-disant bien ficelés, qui supposément démontrent le contraire ; aucun n’a résisté à un examen sérieux. Par contre, les preuves que l’absence d’une couverture vaccinale suffisante a des conséquences graves, elles, s’accumulent.

    La recherche d’un vaccin contre la fièvre Ebola se poursuit activement. Et lorsque nous l’aurons, l’épidémie pourra être mise en déroute. Les charlatans bourgeonneront sans doute ici et là pour crier au complot mercantile, qui les écoutera ?

     

    Un virus terrible mais pas si efficace qu’on pourrait le croire 

    En plus de ce qui précède, les facteurs importants qui aggravent et accélèrent l’épidémie d’Ebola appartiennent aux domaines sanitaires, culturel, religieux et politique. Le virus se transmet par contact étroit avec des liquides biologiques contaminés (sang, salive, sperme) ou des items contaminés par ces fluides. Il ne se transmet ni par l’air, ni par une simple poignée de main. Toutefois, la possibilité que des gouttelettes de liquides contaminés par le virus puissent entrer en contact avec les poumons ne peut être exclu. 

    Les pays atteints par l’épidémie appartiennent à une région où la pauvreté, les guerres civiles, les gouvernements corrompus ou des événements violents ont affecté et affectent encore les capacités des populations à bien organiser leur structure sanitaire et médicale. Et l’organisation est centrale dans la capacité à juguler une épidémie. Certains rites mortuaires peuvent contribuer à la propagation du virus (e.g. toilette du défunt par la communauté). Cliquez pour voir l'article.

    Leur élimination peut par contre avoir des effets contraires à ceux recherchés. Certains habitants pouvant par exemple décider de cacher leurs morts ou faire leur rite dans le secret.

    Il est fort probable que l’eau et le savon ont apporté globalement une contribution beaucoup plus importante au contrôle des maladies infectieuses que les vaccins et les antibiotiques. Une déficience majeure rencontrée dans les pays

    À la lumière des informations dont nous disposons, il convient donc de rappeler que Ebolavirus n’est pas si facilement transmissible que la couverture médiatique pourrait le laisser croire.

     

    L’Amérique du nord est-elle à l’abri de la fièvre hémorragique?

    La réponse à cette question dépend de ce que nous entendons par «à l’abri». Avec les déplacements rapides des populations, force est de constater que des cas peuvent être importés. Même des contrôles rigoureux ne peuvent être complètement étanches. Les symptômes peuvent prendre de 2 à 21 jours à apparaître après un contact. Les premiers symptômes sont aussi parfois très peu distinctifs de la maladie : fièvre, céphalées, nausées, diarrhée etc. Intercepter un porteur potentiel du virus avant qu’il embarque ou débarque de l’avion ne sera pas toujours possible, comme le démontre le cas du Texas. Toutefois, il semble que la transmission de la maladie ne soit possible qu’avec l’arrivée des symptômes. 

    Mais nos mesures sanitaires, l’organisation de nos infrastructures de santé et nos moyens de diagnostiquer la maladie de façon précoce sont autrement plus efficaces que ceux des pays d’Afrique actuellement affectés par l’épidémie. Par exemple, les autorités médicales du Texas on pu rapidement retracer une centaine de personnes ayant eu des contact avec le malade qui est en quarantaine. Une dizaine de ces personnes sont en confinement surveillé.

    Cliquez pour voir l'article.

    Nos services de santé ont bien répondu à l’épidémie de SRAS, causé par un coronavirus qui pouvait se transmettre plus efficacement. Il est fort à parier que nous pourrons faire face aux éventuels cas d’Ebola.

     

    Note. Certaines personnes avancent que si la maladie avait affecté les pays développés, un vaccin ou un traitement aurait été découvert bien avant. Il se pourrait qu’il y ait du vrai dans cette affirmation. Toutefois, il faut noter que la manipulation du virus Ebola est soumise à des normes très exigeantes et que seuls les laboratoires de niveau de confinement de niveau 4 sont autoriser à manipuler de virus. Ces laboratoires sont rarissimes dans le monde (il n’y en a qu’un seul au Canada).

     

    Jean Barbeau, microbiologiste

    Remerciements. J'aimerais remercier mes collègues Caroline Duchaine (Université Laval) et André Phaneuf (Université de Montréal), ainsi que ma conjointe, Sylvie Lainé pour leurs précieux commentaires et aide dans la rédaction de cet article.


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