• Poursuivant mon exploration du Montréal paléozoïque (Ordovicien moyen), à cette époque où nous étions sous l'eau des tropiques, je découvre et m'émerveille...  À cette époque où l'Homo sapiens n'était pas encore sur la planche à dessin de l'évolution, mais caché dans les gènes de quelque métazoaire qui glissait sur les fonds marins...  à cette époque, dis-je, vivaient des animaux fantastiques. Sur ces fonds marins vivaient les éponges. Pour en savoir plus, je vous conseille ce court, mais fascinant documentaire: cliquez ici.

    Apparues il y a environ 600 millions d'années, les éponges (qui sont des animaux) ont probablement constitué la première ébauche de la vie multicellulaire chez les eucaryotes.  Le besoin de vivre en société pour tirer un meilleur profit de l'environnement s'est sans doute joué ici, amorcé selon toutes probabilités par les procaryotes, 1 milliard d'années plus tôt avec les stromatolites.  Les éponges ont probablement aussi été les premiers organismes à jouir de la reproduction sexuée grâce aux spermatozoïdes et ovules. C'est ce mode de reproduction qu'elles ont popularisée.  Et cette vie en société, pleinement réussie, a donné l'imprimatur au lancement des véritables organismes métazoaires qui devaient, 650 millions d'années plus tard, donner naissance à un Platon, un Voltaire et une Marie Curie, avec qui les éponges partagent 70% de leur génome...

     


     

    "This incredibly old ancestor possessed the same core building blocks for multi-cellular form and function that still sits at the heart of all living animals, including humans" (Cet ancêtre, incroyablement vieux, possèdait les mêmes éléments qui sont à la base de la structure et des fonctions de toutes les formes de vie multicellulaires, soit l'essence de tous les animaux vivants, incluant l'Homme).

    [B.M. Degnan, article dans Nature: The Amphimedon queenslandica genome and the evolution of animal complexity. Vol 466;5 August 2010]

     


     

    Ce qui me rappelle un passage épique du film Inherit the Wind avec Spencer Tracy.  

    - Does a sponge thinks? [Spencer Tracy]

    - I don't know; I am a man, not a sponge! [Fredric March]  (cliquez ici)

    Basé sur un fait vécu, ce grand film met en scène The Scope Monkey Trial (Le procès du singe). Un procès opposant le créationisme au darwinisme.

     

    L'éponge

     Ces photos nous montrent les restes fossilisés de ce qui fut, il y a 450 millions d'années, une ou des éponges (les flèches rouges).  Elles montrent des similarités avec les Stromatoporidae. Ce type de spécimen est assez rare et normalement difficile à identifier.  Il pourrait aussi s'agir d'éponges agglutinantes qui sécrétaient une substance visqueuse permettant de trapper des particules solides pour édifier la colonie.

     

    Bob, l'éponge paléozoïque...

    Les trous d'environ 3mm de diamètre sont les voies par lesquelles l'éponge expulsait l'eau après à en avoir filtré les nutriments: particules organiques et bactéries. Les éponges sont des pompes remarquables: elles doivent filtrer près d'une tonne d'eau pour obtenir environ 30 grammes de nutriments.

    Les parties organiques de l'éponge ne purent se fossiliser.  Par contre, l'édifice, soit la structure de l'éponge, passa l'épreuve du temps après avoir fait 2 fois le tour de la voie lactée (notre galaxie).  Cette pierre peut être admirée, perdu dans une petite plate-bande d'un MacDonald's, à Montréal, sur la Rue Rosemont coin Chambord.


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  • Cette pierre peut être admirée dans un petit aménagement paysager d'un MacDonal's sur la rue Rosemont à Montréal.  Je crois néanmoins que peu de gens en remarque la nature; tous affairés qu'ils sont à manger leur vile pitance.  

    Lorsqu'on y regarde de plus près, une histoire vieille de 450 millions d'années (Ma) se dessine sur cette pierre.  Deux gastéropodes, ancêtres des escargots, se détachent comme des bas-reliefs sur un fond fortement texturé.  Ils évoluaient jadis sur les fonds marins à travers les trilobites, qui se sont éteints, les crinoïdes, les brachiopodes, les éponges et autres créatures. Les gastéropodes ont traversé les extinctions de la fin de l'Ordovicien (glaciation) et début de Silurien (435-440 Ma), du Dévonien (365 Ma), du Permien (245-252 Ma), du Trias-Jurassique (200 Ma) et du Crétacé (65 Ma).  Lorsque vous regarderez un escargot la prochaine fois, inclinez-vous devant ces fossiles vivants ayant survécus à une succession d'extinctions de masse dont une catastrophe, au Crétacé, que le redoutable Tyrannosaurus rex n'a pas été en mesure de négocier...

    Les premiers gastéropodes sont apparus au Cambrien supérieur auquel succèdera l'Ordovicien qui marque le début de l'ère Paléozoïque (541 à 252 Ma).  Les fossiles des gastéropodes du Paléozoïque sont en général mal préservés, ce qui limite leur identification. Quelques descendants de ces formes paléozoïques se retrouvent aujourd'hui.  Mais il faudra attendre au Mésozoïque (252 à 66 Ma) pour voir l'émergence des ancêtres de la majorités des espèces vivant aujourd'hui.

    Gastéropodes de pierre

     

    Restes fossilisés de deux gastéropodes sur une pierre ornant un petit aménagement paysager d'un MacDonald's. Comme la plupart des gastéropodes de l'Ordovicien, ces deux spécimens sont mal préservés et défient toute identification.   Nikon Coolpix.


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  • Sur l'autoroute vers Trois-Rivières...

    La photo a été prise vers 06:30 le matin, me dirigeant vers l'EST en avril 2014.  Une légère brume flottait dans l'air.  Tout en roulant (à ne pas faire), à travers le pare-brise, j'ai déclenché au moment où quatre oiseaux passaient.  Les couleurs n'ont pas été modifiées; j'imagine que le contre-jour, la brume et le pare-brise ont conspiré au résultat onirique.

    Le Coolpix de Nikon est un petit appareil digital très plaisant à utiliser. Son écran a l'avantage d'être grand et contrasté pour une visualisation confortable.

    Migration

     Nikon Coolpix.   Léger recadrage dans PhotoShop.


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  • ... en mettant les choses au pire, rien de ce qui nous arrive n'a une importance cosmique.

    [Bertrand Russell]

    Il m'a suffit de quelques minutes pour harnacher la lune et accrocher quelques étoiles aux branches dénudées du majestueux érable qui veille sur notre demeure.  Tout devait reposer sur une juste composition 1/3-2/3 et le contraste clair-obscur que m'a enseigné la compagne de mes jours.  Les couleurs sont «réelles».  La seule manipulation a été de faire disparaître un cable électrique...

    Mon petit monde sublunaire avait, ce soir-là (9 avril 2014, vers 22:00), placé les éléments pour ces prises de vue.  Je n'ai eu qu'à me déplacer autour de l'arbre pour placer la lune à l'endroit désiré ... le grand angle et la parallaxe ont fait le reste.

    Ce nécessaire recul...

    Nikon D5000,
    Objectif Nikkor 18-55mm @18mm
    ISO 400
    30 sec @f16
    mise au point sur l'infini

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  •   ... sans plantes, sans chants d'oiseaux, sans vertébrés d'aucune sorte...

    Varadéro, Cuba. Coolpix Nikon 

    Regardons une image comme celle-ci et faisons un retour plusieurs centaines de millions d'années en arrière... laissons-nous imprégner par cette vision largement préhistorique... Imaginons... Nous sommes sur un rivage de l'Océan Iapetus qui s'ouvre au début du Cambrien (540 millions d'années) à l'équateur.  Le Québec ne prendra sa place nordique qu'au Jurassique 370 millions d'années plus tard, après le démembrement de la Pangée et la lente dérive des plaques tectoniques. Ce Cambrien voit naître une formidable explosion de la diversité des formes de vie.

    Et pourtant...

    Au Cambrien, nous sommes sur une planète où seul le bruit des vagues, du vent, des orages et des volcans est susceptible d'être entendu.  Entendu, oui, mais par quoi?  Il n'y a que les procayotes et protozoaires, les trilobites et autres arthropodes, les palourdes et brachiopodes, bryozoaires et crinoïdes.  Tous sous l'eau.  La capacité de percevoir les sons ne fera sans doute son entrée dans l'Histoire qu'au Dévonien avec les premiers vertébrés (env. 380 millions d'années) et les premières ébauches de ce qui va devenir l'oreille. Dès lors, de la simple perception des chocs et vibrations acoustiques par la mâchoire, chez nos ancêtres reptiliens, nous évoluons peu-à-peu vers la capacité de distinguer la large gamme des ondes sonores...    

    En prenant cette photo, je me suis imaginé sur un rivage de la mer Iapetus... pas un son; que le bruit des vagues déferlant sur un rivage désert.  Et toute cette vie cachée au regard, cette vie qui, un jour, permettra de peupler la terre... et, un jour, lui donnera les outils pour en écouter les merveilles... entendre le doux bruit des vagues et s'émouvoir du Printemps des Quatre Saisons d'Antonio Vivaldi qui, même avec les yeux fermés, parvient à faire naître des images d'une grande beauté dans notre esprit...


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